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Par Michel de Sarrieu, Docteur en pharmacie et Directeur Scientifique de Fleurance Nature
Qu’est-ce que les acides gras ? Pourquoi certains sont-ils dits "essentiels" ?
Les oméga-3 et oméga-6 appartiennent à une grande famille de nutriments : les lipides.
Ils sont plus connus sous le nom de « matières grasses » et sont indispensables dans un régime alimentaire équilibré.
Ils permettent à notre organisme de fabriquer les cellules et participent au bon fonctionnement du système nerveux. Ils sont également une source d’énergie privilégiée.
Cette grande famille des lipides est composée de trois groupes :
Cette distinction se fait selon des caractéristiques chimiques, qui sont le nombre de doubles liaisons. Lorsqu’il n’y a aucune double liaison, ce sont des acides gras saturés. Lorsqu’il y en a une, ils sont mono-insaturés. Lorsqu’il y a plusieurs, ce sont des acides gras poly-insaturés.
Les oméga-3 et les oméga-6 sont des acides gras poly-insaturés.
Certains acides gras comme les oméga-3 et les oméga-6 sont appelés acides gras « essentiels», car l’organisme ne peut les fabriquer lui-même. Il doit donc les puiser dans les aliments et dans certains
Ces acides gras polyinsaturés participent à une foule de processus importants comme la constitution et l’intégrité des membranes cellulaires, le fonctionnement du système cardiovasculaire, du cerveau et du système hormonal ainsi que la régulation des processus inflammatoires.
Ils forment la trame de toutes les membranes des cellules de l’organisme et surtout les neurones du cerveau.
Leur absorption déclenche à l’aide de plusieurs enzymes une cascade de réactions chimiques qui permettent au corps de fabriquer des substances primordiales pour son bon fonctionnement.
Le métabolisme des acides gras poly-insaturés oméga 3 et oméga 6
L’acide linoléique (LA) et l’acide alpha-linolénique (ALA) sont à l’origine de deux chaînes métaboliques parallèles et non communicantes, les oméga-3 et oméga-6.
Les acides gras oméga-3
Ils participent à l’élaboration d’acides gras hautement insaturés.
Ces substances jouent un rôle central sur les membranes cellulaires et interviennent dans de nombreux processus biochimiques de l’organisme : la régulation de la tension artérielle, l’élasticité des vaisseaux, les réactions immunitaires et anti-inflammatoires, l’agrégation des plaquettes sanguines, etc...
Les maladies cardiovasculaires avec près de 180 000 décès / an en France sont aujourd’hui la première cause de mortalité dans les pays développés. C’est un vrai problème de santé publique.
Selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), 30 % des maladies cardiovasculaires pourraient être évitées par une alimentation équilibrée.
Les Japonais et les Esquimaux friands de poissons sont eux épargnés par ce fléau de santé publique. Cette très faible incidence des maladies cardiovasculaires chez ces 2 peuples est due à une alimentation riche en oméga-3.
De nombreuses études ont clairement démontré l’effet cardio-protecteur des oméga-3.
Les oméga-3 pourraient avoir une action préventive sur certains facteurs de risques impliqués dans les maladies cardio-vasculaires (tension artérielle, agrégation plaquettaire, dyslipidémie, trouble du rythme cardiaque).
Plusieurs études ont nettement montré l’influence des oméga-3 sur l’équilibre émotionnel et les troubles de l’humeur. En effet au Japon, où la consommation de poissons gras contenant beaucoup d’oméga-3 fait partie des habitudes alimentaires, le taux de dépression est très faible.
Les carences liées à l’alimentation dans nos sociétés occidentales sont sûrement responsables en partie de l’augmentation du nombre de dépressions.
Les acides gras oméga-3 représentent plus de 45 % des lipides du cerveau et influencent le métabolisme des neurotransmetteurs tels que la dopamine et la sérotonine, impliquées dans l’humeur, l’émotion…
Par ailleurs, ils interviennent dans la résistance au stress. Des examens cliniques font état d’une réduction de 50 % des dépressions chez les consommateurs d’oméga-3 (La dose recommandée étant d’au moins 1g par jour d’EPA).
La rétine est très riche en acides gras poly-insaturés et notamment en DHA.
Par conséquent, cela suggère bien une importante influence des oméga-3 et plus encore du DHA sur les fonctions visuelles.
Selon certaines études, une alimentation riche en acides gras saturés multiplie par 2 le risque de DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge). Inversement les AGPI oméga-3 réduisent de moitié le risque d’apparition de la DMLA qui est la cause la plus fréquente de cécité dans le monde.
Les oméga-3 sont également intéressants pour lutter contre la sécheresse oculaire qui touche entre 5 et 10 % des sujets de plus de 65 ans.
Une supplémentation en oméga-3 améliorerait aussi l’état du film lacrymal, après une intervention chirurgicale de la myopie par exemple.
Les études concernant l’influence des oméga-3 sur les maladies inflammatoires sont assez récentes. Elles suggèrent que les oméga-3 en tant que précurseurs d’une série de messagers chimiques jouent un rôle bénéfique sur les maladies inflammatoires (maladies de Crohn, maladies inflammatoires de l’intestin).
Plusieurs études suggèrent que les acides gras oméga 3 seraient associés à une diminution du risque d’apparition de certains cancers (sein, prostate).
Principales sources d'oméga-3
Les oméga-3 sont soit d’origine végétale, soit d’origine animale :
Origine végétale: huiles de colza, de noix, graines de lin, légumes verts.
Origine animale: Poisson et huiles de poissons gras (saumon, thon blanc, sardines, maquereau, hareng, flétan, etc...)
Attention : seuls les poissons gras sauvages sont riches en DHA et EPA. Les poissons d’élevage ont une composition en acides gras différente qui est le reflet de leur alimentation. Les végétaux n'apportent que l'ALA.
Les acides gras oméga-6
Ces substances jouent un rôle important sur le système nerveux, l’équilibre cardio-vasculaire, l’immunité, la guérison, les blessures et les réactions allergiques et inflammatoires. Consommés en trop grande quantité, les acides gras oméga-6 peuvent empêcher les acides gras oméga-3 de jouer leur rôle, notamment sur le plan de la protection cardiovasculaire et provoquer de douleurs et des pathologies inflammatoires comme l’asthme ou l’arthrite.
Principales sources d’oméga-6
Les oméga-6 sont soit d’origine végétale ou soit d’origine animale:
Un équilibre Oméga-6 / Oméga-3 essentiel, mais très compromis
Selon l’Agence Française Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA), il existe une carence relative en oméga 3 dans la population française , notre alimentation nous apporte seulement 30 % des ANC (Apports nutritionnels Conseillés) en oméga-3. Ce déficit en oméga 3 est accentué par une consommation trop importante d’oméga 6 qui gêne la synthèse de dérivés de l’acide alpha-linolénique (ALA - famille des oméga 3), l’EPA, le DHA et certains messagers chimiques.
L’apport en oméga 3 est important, mais le rapport oméga6/oméga3 l’est tout autant. En effet, acide linoléique et acide alpha-linolénique sont transformés dans l’organisme en acides par les mêmes enzymes (désaturases, élongases), d’où compétition dans le métabolisme de ces deux familles d’acides gras ; un excès de consommation d’oméga 6 par rapport aux oméga 3, va entraîner une diminution de la synthèse des dérivés de l’acide alpha-linolénique, EPA, DHA, de certains thromboxanes, leucotriènes et prostaglandines.
L’impact sur l’inflammation, sur la coagulation, l’effet antiarythmogène dépendent, donc, de l’équilibre oméga 6/oméga3 qui devrait tendre vers 5 pour être satisfaisant, alors qu’il est supérieur à 10 dans la population française.
Les oméga 6 sont apportés en quantité suffisante, c’est l’apport en oméga 3 qu’il faut augmenter, notamment en variant ou en associant les huiles.
Les apports nutritionnels conseillés (ANC) en acide alpha-linolénique sont fixés à 2 g/jour chez l’homme adulte et 1,6 g/j chez la femme adulte et les apports en DHA sont de 0,12 g/jour chez l’homme adulte et 0,10 g/jour chez la femme adulte.
Conseils alimentaires
1 Privilégier une alimentation riche en oméga 3 (huile de colza par exemple).
2 Réduire la consommation en oméga 6 que l'on trouve par exemple dans l'huile de tournesol.
3 Utiliser l'huile d'olive, neutre, qui ne perturbe pas le rapport oméga 3/oméga 6.
4 Consommer souvent poissons, produits marins et crustacés.
5 Préférer la consommation de poisson et / ou de compléments alimentaires riches en oméga 3 à longue chaîne tel que l’EPA et le DHA présents dans les poissons et huiles de poissons. En effet, les omégas 3 végétaux sont présents sous forme ALA, précurseurs de l’EPA et du DHA, et les chercheurs n'ont pas réellement démontré que ces précurseurs se transformaient tous suffisamment bien en EPA et en DHA essentiels à notre organisme.
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