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Monsieur Michel de Sarrieu,
Docteur en pharmacie et Directeur Scientifique de Fleurance Nature
Monsieur Jean-Charles Schnebelen,
Membre du comité scientifique de Fleurance Nature
Docteur en pharmacie, spécialiste des plantes
Professeur à l'université Paris 13
Une plante « adaptogène » est une plante augmentant la capacité de l'organisme à s’adapter aux différents stress quelles que soient leurs origines. Les plantes adaptogènes renforcent la résistance et la vitalité de l'organisme, stimulent les défenses naturelles, procurent un effet de bien-être général et une énergie retrouvée.
Ce concept est attribué à un scientifique russe, Nicolaï Lazarev, qui, en 1947, cherchait à définir le type d'action de plantes comme le . Selon sa théorie une substance adaptogène accroît de manière générale (non spécifique) la résistance de l'organisme aux divers stress qui l'affectent. Un adaptogène exerce une action normalisatrice sur de nombreux organes ou fonctions physiologiques.
Pour bien comprendre l’action des plantes adaptogènes, il est indispensable de bien comprendre la notion de stress.
En 1865, le Professeur Claude Bernard observa que « Tous les mécanismes vitaux [...] n’ont toujours qu’un seul but, celui de maintenir l’unité des conditions de la vie dans le milieu intérieur ». Autrement dit, tous les êtres vivants quels qu’ils soient tendent à stabiliser leurs paramètres vitaux (température, pression, équilibre ionique...). Par cette observation, le Professeur Claude Bernard découvrait le concept de l’homéostasie. Un stress, au delà du sens commun du terme , désigne un facteur perturbant l’homéostasie, qu’il s’agisse d’un changement climatique, d’un traumatisme ou même d’une simple émotion. Selon les travaux du Professeur Claude Bernard, l’organisme exposé à un stress, va mettre en œuvre un ensemble de mécanismes afin d’assurer sa survie.
En 1920, Hans Selye, endocrinologue canadien, fit une découverte surprenante en observant des personnes ayant été frappées par différents chocs (hémorragie, brûlure…). Quel que soit le stress auquel ces personnes avaient été exposées, la réaction de l’organisme était systématiquement associée à des manifestations cliniques identiques. Il en déduisit qu’il existait une réaction non spécifique, (toujours la même), de l’organisme pour répondre à l’agression environnementale. Celle-ci fut alors baptisée « Syndrome Général d’Adaptation » ou SGA.
Le SGA peut être résumé en 3 phases :
Phase 1, la phase de choc : Un stress, tel que défini précédemment, induit un déséquilibre fonctionnel de l’organisme. Celui-ci va mettre en place une réponse endocrinienne et neuro-végétative faisant intervenir l’hypothalamus (région du cerveau située en dessous du thalamus, qui est le centre nerveux qui commande les fonctions vitales), l’hypophyse (glande endocrine intervenant dans une large gamme de fonction corporelle) ainsi que les glandes médullo-surrénales. Celles-ci vont secréter des hormones (adrénaline et noradrénaline) qui, une fois libérées, vont provoquer dans l’organisme tout un ensemble de mécanismes destinés à favoriser nos capacités de réaction face à la menace : Mobilisation des sources d’énergie, dilatation des pupilles, augmentation de la glycémie, du rythme cardiaque, de la pression artérielle…
Phase 2, la phase de résistance : Si le stress perdure, l’organisme va mettre en œuvre de nouveaux mécanismes de manière à trouver un nouvel équilibre. Ceux-ci sont induits par la production de cortisol et d’aldostérone par les glandes corticosurrénales. Ces hormones vont alors permettre à l’organisme de mobiliser de nouvelles sources d’énergie et de compenser ses déséquilibres ioniques. Néanmoins, à fortes doses elles engendrent une diminution des réactions inflammatoires en inhibant le système immunitaire.
Phase 3, la phase d’épuisement : La phase de résistance et la phase de choc sont particulièrement épuisantes pour l’organisme. C’est comme si celui-ci fonctionnait en surrégime. Ainsi, si la demande adaptative persiste, il arrive un moment où l’organisme n’est plus à même de s’adapter à ce qui lui est demandé, il est incapable de compenser les dépenses d’énergie, par conséquent nos défenses immunitaires faiblissent et nous rendent plus sensible aux agressions extérieures. Par ailleurs, il semblerait également que le cortisol, à fortes doses, soit à l’origine de phénomènes de toxicité au niveau des neurones du cerveau pouvant entraîner des troubles aussi bien physiologiques que psychologiques.
L’intérêt des adaptogènes en situation de stress réside dans leur action normalisatrice sur l’axe hypothalamo-hypophysaire et les glandes surrénales. Ils permettent une harmonisation des mécanismes impliqués dans le Syndrome Général d’Adaptation, et augmentent ainsi notre résistance aux stress. Néanmoins, si nos réactions face aux stress sont bien connues, le mécanisme d’action précis des adaptogènes reste obscur. En effet, il est remarquable que les différentes plantes adaptogènes appartiennent à des familles botaniques pouvant être très éloignées. Le Noni par exemple (morinda citrifolia), est une plante appartenant à la famille des rubiacées alors que la Rhodiole (Rhodiola Rosea) appartient à la famille des crassulacées. Plus intéressant, ces plantes n’appartiennent ni à la même classe ni à la même division botanique. Il faut remonter jusqu’au règne végétal pour trouver un lien de parenté entre le Noni et la Rhodiole ! Et pourtant, celles-ci possèdent toutes deux des vertus adaptogènes !
Cette singularité est due à la complexité même des mécanismes mis en jeu au cours du Syndrome Général d’Adaptation. Ceux-ci font intervenir de nombreux organes qui sont autant de points d’actions pour les différentes plantes. De ce fait, nous pouvons réunir sous le terme de Plante adaptogène, toutes les plantes ayant une action bénéfique sur les réactions mises en jeu lors du Syndrome Général d’Adaptation (ceci explique notamment le caractère non spécifique de cette action ainsi que la diversité des plantes considérées comme telle).
Plusieurs scientifiques ont néanmoins tenté de donner une définition fonctionnelle de ce concept. Parmi eux, le Docteur Israël I. Brekhman, l’un des pionniers de la recherche sur les « Plantes adaptogènes », identifie leurs principales fonctions comme étant :
Néanmoins, les connaissances scientifiques accumulées sur les adaptogènes sont encore incomplètes. En effet les champs d’exploration de la recherche scientifique sur le sujet restent vastes et revêtent encore des aspects inconnus à découvrir.
Si le concept de plante adaptogène est peu familier en occident, cela est principalement dû à notre tradition médicale qui consiste avant tout au traitement spécifique d’une pathologie.
A l’inverse, la médecine traditionnelle asiatique vise à traiter l’organisme en dehors du cadre de la maladie. A l’instar de la maxime du philosophe chinois Confucius : « Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson», elle vise à renforcer l’organisme pour lui fournir ses propres moyens de défense.
Ainsi, dans la médecine traditionnelle chinoise, la notion d'adaptogène existe depuis des milliers d’années sous le concept de « Toniques supérieurs », qui régularisent les diverses fonctions et augmentent l’énergie, favorisant globalement la santé sans traiter pour autant de maladies spécifiques. Ceci explique d’ailleurs la surreprésentation de plantes asiatiques dans les adaptogènes et la maîtrise des chinois dans ce domaine. Selon Ron Teeguarden (auteur spécialiste de l’herboristerie chinoise), les « Toniques supérieurs » doivent répondre à divers critères et notamment :
L’introduction de ce concept hors des frontières de Chine a permis dès lors, d’enrichir considérablement l’herbier des plantes adaptogènes qui compte désormais dans ses rangs des plantes originaires des différentes parties du globe.
Ginseng (Panax ginseng CA Meyer)
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Originaire de Chine et de Corée, où il est auréolé d’une réputation millénaire, le Ginseng constitue la plante adaptogène de référence. Plante vivace forestière à croissance lente, il faut attendre 6 à 7 ans avant de pouvoir en récolter les précieuses racines. Sa capacité à puiser dans les ressources de la terre est telle, qu’après la récolte, les sols, vidés de leurs substances nutritives et minérales, ne peuvent être à nouveau cultivés avant plusieurs années. La racine de Ginseng renferme, entre autre, des ginsénosides aux multiples vertus (action tonique au niveau des performances intellectuelles et physiques, ainsi que sur le système nerveux). Ils améliorent également les processus de mémorisation et diminuent la sensation de fatigue et les douleurs musculaires, par une meilleure utilisation des apports d’oxygène par les muscles. Le Ginseng est particulièrement recommandé pour les coups de fatigue et baisses de forme. Il procure une action revitalisante et convient à toutes les personnes qui manquent de vitalité. |
Eleutherocoque (Eleutherococcus Senticosus) – Ginseng Sibérien
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L'Eleuthérocoque, appelé aussi ginseng sibérien, est un petit arbuste épineux aux fruits noirs et charnus poussant aux confins de la Sibérie orientale. Utilisé depuis 4000 ans dans la pharmacopée chinoise pour ses vertus stimulantes, il apparut en Occident dans les années 50. Il était alors considéré comme le secret des athlètes russes pour améliorer leurs performances. L'Eleuthérocoque est un excellent stimulant général qui s'avère particulièrement utile pour lutter contre le surmenage et le stress.
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Noni (Morinda Citrifolia)
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Le est le fruit du Morinda citrifolia originaire d’Asie et des îles du Pacifique. De la famille des rubiacées, ce petit arbre de 3 à 6 mètres de haut, est reconnaissable à son fruit qui, de vert et ferme devient jaune et mou en quelques heures. On pense que les habitants de Polynésie en font un usage médicinal depuis plus de 2000 ans pour ses nombreuses vertus. Bien que l’on utilise principalement le jus des fruits, la légende dit que les guérisseurs polynésiens utilisaient aussi, les feuilles, les fleurs, l'écorce et les racines. Une quarantaine de remèdes traditionnels renfermant l'une ou l'autre des parties de la plante a d’ailleurs été répertoriés. Le Noni possède la propriété de stimuler les défenses immunitaires grâce à un alcaloïde, la proxéronine, contenue dans le jus du fruit. Par ailleurs, celui-ci contient également de nombreux polysaccharides, minéraux et vitamines. De ce fait, il constitue un excellent fortifiant naturel pour lutter contre les maux de l’hiver.
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Un autre adaptogène : la gelée royale
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Elaborée par les abeilles ouvrières, la gelée royale
est la nourriture exclusive de la reine, elle lui fournit tous les éléments essentiels à la reproduction.
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Les adaptogènes et les compléments alimentaires
Si les compléments alimentaires à base de Ginseng ou de Gelée Royale rencontrent aujourd’hui autant de succès, c’est qu’ils répondent tout à fait aux attentes de la population.
En effet, les compléments alimentaires sont définis comme, « les denrées alimentaires dont le but est de compléter le régime alimentaire normal et qui constituent une source concentrée de nutriments ou d’autres substances ayant un effet nutritionnel ou physiologique seuls ou combinés […] »*.
Ils n’ont donc pas pour vocation à traiter une maladie, mais de renforcer l’organisme en général ou certaines fonctions en particulier. Ainsi, la définition des adaptogènes proposée par Nicolaï Lazarev en 1947 [une substance adaptogène accroît de manière générale, (non spécifique) la résistance de l'organisme aux divers stress qui l'affectent] s’inscrit parfaitement dans ce cadre et fait écho à des préoccupations très actuelles :
Le vieillissement de la population, la multiplication des allergies en rapport avec notre mode de vie, l’obésité et son cortège de maladies associées…
Dans ce contexte, une prise en charge globale de la santé en amont, en dehors du cadre de la maladie, apparaît comme indispensable. Pour répondre à ce défi, les compléments alimentaires et tout particulièrement ceux contenant des Plantes adaptogènes apportent une aide pour contribuer à l’amélioration de la santé et du bien-être en général.
* Décret du 25 mars 2006 relatif aux compléments alimentaires