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Os et nutrition

Par Michel de Sarrieu, Docteur en pharmacie et Directeur Scientifique de Fleurance Nature

 
Os et nutrition

L'ostéoporose est une maladie nutritionnelle chronique, dont l'incidence augmente avec l'âge.
L'approche nutritionnelle de l'ostéoporose est complexe, efficace mais ne consiste pas simplement à compenser un déficit en calcium .

Selon les spécialistes, l'ostéoporose est « une maladie de l'adolescence à déclaration tardive », touchant en priorité les femmes. Son coût pour la société est très élevé.

Un tiers des quelques 10 millions de femmes ménopausées souffre d'ostéoporose.
Seule une femme sur quatre est traitée.

Les conséquences de l'ostéoporose :

  • 55 000 fractures du col du fémur
  • 40 000 fractures vertébrales
  • 35 000 fractures du poignet.

Le pic de masse osseuse maximale est atteint à la fin de l'adolescence; il se stabilise, puis diminue à partir de 35-40 ans, de manière inégale selon le sexe.
Chez l'homme, elle est faible et linéaire avec le temps.
Chez la femme il se produit une forte déperdition du capital osseux au moment de la ménopause. Cette perte peut représenter en fin de vie la moitié du maximum.
Chez les femmes ménopausées, l'administration d'œstrogènes ne dispense pas d'une prévention de l'ostéoporose : 40 % des femmes traitées par THS présentent une ostéopénie, 13 % une ostéoporose.

Prévention nutritionnelle

Comment favoriser la construction et la reconstruction de la structure osseuse et sa minéralisation ?
Comment freiner les mécanismes conduisant à une dégradation osseuse ?

Tout d'abord, il faut optimiser le gain de masse osseuse pendant la croissance : une hausse de 10 % du pic de masse osseuse réduit de 50 % le risque ultérieur de fracture.
Ensuite, il faut veiller à maintenir la masse osseuse et à en limiter la perte.

Les macro et micronutriments impliqués dans cette prévention sont en fait ceux que l'on doit consommer régulièrement :

  • Les protéines, dont l'apport insuffisant accélère la perte osseuse. Leur supplémentation favorise, chez les sujets âgés, le maintien de l'intégrité du squelette.

Une étude récente réalisée auprès de 1100 femmes de 75 ans d'âge moyen, a montré que celles qui consomment près de 90 g de protéines par jour ont une densité minérale osseuse plus élevée que celles qui ingèrent moins de 70 g de protéines. Toutes les protéines ne sont cependant pas identiques.

Les protéines d'origine animale - que l'on consomme en plus grande quantité dans nos régimes occidentaux - génèrent une acidité qui entraîne une mobilisation du calcium du squelette. Ceci exposerait le tissu osseux à une déminéralisation potentielle.
Dans ce cas, il faut privilégier les fruits et légumes qui permettent de prévenir l'acidité plasmatique. Leurs sels organiques de potassium peuvent être métabolisés en bicarbonates alcalinisants, évitant la fuite calcique. Leurs vitamines, minéraux et oligoéléments participent également à la prévention de l'ostéoporose.

Par exemple, la carence en bore, oligoélément présent dans les tubercules, les légumineuses, les noix et certains fruits, diminue le taux de calcium.
Son apport insuffisant contribue à l'apparition d'ostéoporose chez la femme ménopausée. Cet élément apparaît donc comme particulièrement important dans l'optimisation du métabolisme du calcium pour prévenir la perte excessive osseuse non seulement chez les femmes, mais aussi chez les hommes âgés.

Autre phénomène : l'excès de production de radicaux libres entraînant une très nette baisse de la défense anti radicalaire peut être responsable d'une forte perte osseuse de calcium. Ceci montre l'intérêt d'un apport suffisant en antioxydants, soit par une consommation accrue de fruits et légumes, soit par une supplémentation.

Concernant le calcium, il a été clairement établi que la densité minérale osseuse est dépendante des apports pendant l'enfance.
Aux côtés de la vitamine D qui contribue à la fixation du calcium, de nombreux nutriments sont importants :

  • La Vitamine C est un cofacteur pour la formation du collagène.
  • La Vitamine B6 participe à la solidité du collagène ainsi qu'au maintien du bon niveau en homocystéinémie (L'hyperhomocystéinémie altère la croissance osseuse).
  • La Vitamine K est indispensable pour la fixation du calcium sur la trame du collagène. De faibles apports semblent contribuer au développement de l'ostéoporose et de fractures.
  • Le magnésium ,  dont plus de la moitié est stockée dans l'os, intervient dans la croissance et la minéralisation osseuse.
  • Le zinc , stocké lui aussi dans l'os, est un cofacteur d'enzymes spécifiques. Sa déficience diminue la densité osseuse, la minéralisation osseuse, la circulation de l'hormone parathyroïde, affectant ainsi les dépôts minéraux au niveau osseux.
  • Les améliorent les effets de la vitamine D, réduisent l'élimination du calcium et augmentent sa fixation sur les os.

Leur déficit entraîne une sévère ostéoporose qui s'accompagne d'une augmentation de la calcification rénale et artérielle.

L'équilibre oméga 6/oméga 3 est également à prendre en compte. En effet, lorsqu'il est trop élevé (trop d'oméga 6 huiles de tournesol, de pépins de raisin, de maïs...), il participe au développement de l'ostéoporose !
La supplémentation en acide gamma-linolénique, EPA et calcium améliore l'utilisation du minéral dans la masse osseuse chez les personnes âgées carencées en calcium. A noter que leur efficacité dans la prévention de la perte osseuse est d'autant plus importante que la supplémentation est longue.


Il existe également un rapport étroit entre l'ostéoporose et les maladies cardiovasculaires. L'hyperlipidémie participe, outre à la formation de la plaque athérome, à l'ostéoporose via un mécanisme impliquant l'oxydation des lipides. Les agents hypolipidémiants seraient capables de réduire en même temps l'ostéoporose et la calcification des artères au cours de l'athérosclérose.

Les complexes associant plusieurs nutriments apparaissent donc efficaces dans cette approche nutritionnelle.
Explication : comme pour tous les effets d'une supplémentation, son efficacité et son intérêt reposent sur un rééquilibrage des taux de nutriments entre eux.
C'est le cas du rapport calcium/phosphore, qui doit être supérieur à 1. Une valeur basse entraînerait un bilan osseux négatif.
C'est le cas lors d'une consommation élevée de boissons sucrées (soft drinks type cola), de viandes (sandwichs, hamburgers, etc.)... Il semble donc que les aliments préférés des adolescents pourraient être nocifs pour leur santé osseuse.
Une corrélation a été établie entre excès de boissons riches en phosphore et élévation du risque de fractures chez les filles entre 8 et 16 ans. Ce qui est encore accru chez les femmes à l'âge de la ménopause.

Conclusion

Le retour à une alimentation variée et équilibrée est donc plus qu'indispensable, et ce, dès le plus jeune âge.

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